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Buironfosse
Du mot germanique : bur, burg qui signifie : château fort.
Vers le Xe Siècle, Buironfosse était un château fort
construit en bois sur une motte féodale et entouré d'une
fosse. Le lieu était un fief seigneurial dont les propriétés
s'étendaient au nord de la Thiérache de Ribemont à
Avesnes.
Au cours des siècles, on trouve différentes dénominations
du lieu :
Buironfossa au XIIe
Birenfosse en 1223
Buronfosse en 1339
Buyronfosse en 1541
Le
château fort en bois sera renforcé en pierre au XIe et XIIe
Siècle, puis rasé en 1423 par Jean de Luxembourg allié
des Bourguignons. On y reconstruira une église qui sera pillée,
incendiée, fortifiée, rasée et reconstruite plusieurs
fois durant tous les conflits dévastateurs que connaîtra
la Thiérache au cours de son histoire. Bien plus tard, en 1868,
la motte sera arasée pour laisser place à l'église
d'inspiration romane que nous connaissons aujourd'hui.
Au XIIe Siècle, Buironfosse était une commune rurale importante.
En 1175, le Seigneur Jacques d'Avesnes lui accordera une charte, donnant
aux habitants la liberté d'administrer les biens de la commune,
d'élire un maire et ses échevins. La forêt communale
appelée " Les Usages " conférera à la population
toute les ressources nécessaires à sa subsistance et à
son développement.
Par sa position géographique proche du Hainaut, la Thiérache
sera ravagée par de nombreux conflits. Buironfosse bénéficiera
d'une certaine tranquillité au XVIIIe Siècle, époque
où les frontières seront reculées plus au nord. Elle
connaîtra l'avènement du développement agricole. Les
bois occupant un quart du territoire, de nombreux corps de métiers
artisanaux apparaîtront. Les spécialités du cru étant
la saboterie et la boissellerie.
En 1760, Buironfosse compte 1063 habitants.
Entre 1830 et 1880, on développe de façon très importante
les ressources en herbage. Les près et pâtures doublent en
surface. Eleveurs et herbagers définissent la topographie du bocage
que nous connaissons aujourd'hui.
On parle alors de " marée verte ". Phénomène
social qui est au monde rural ce que la révolution industrielle
est au monde urbain. En 1856, la population de Buironfosse atteint le
chiffre record de 2589 habitants. Le bois en est le centre économique.
On dénombre à cette époque pas moins de 300 sabotiers.
Les sabotiers
Les
sabotiers travaillaient souvent en équipe de 3 ouvriers.
L'ébaucheur ou équarisseur, dégrossissait à
la hache une pièce de bois pour lui donner une forme primitive.
Le pareur utilisait un paroir pour affiner les surfaces extérieures
gauches et droites du sabot et commençait à le creuser.
Le troisième ouvrier à l'aide de mèches, de cuillères
et de gouges évidait l'intérieur du sabot.
Le maître sabotier tel le maître bottier, effectuait le travail
sur la qualité du chaussant, apportant au sabot toute l'ergonomie
et le confort requis pour le bien être du pied.
Les fleuristes en sabot exécutaient des motifs décoratifs
fleuris à l'intention des femmes qui les portaient le dimanche
pour se rendre à l'église.
La fabrication du sabot était un travail entièrement fait
à la main et représentait une tâche pénible.
Buironfosse dispose de son propre Musée du Sabot, nous vous invitons
à découvrir son site Internet en cliquant
ici.
Les chevaliers du lièvre
Le
20 octobre 1339, lors de la guerre de cent ans, une célèbre
bataille oppose Edouard III Roi d'Angleterre, son allié Jean de
Hainaut au Roi de France Philippe VI de Valois, entouré de son
armée de soixante mille hommes. Les deux camps se font face dans
un champ situé entre Buironfosse et la Flamengrie. Avant de mener
bataille, il a été décidé de laisser reposer
les troupes. Quelques écuyers du camp des Français requièrent
le Comte de Hainaut de les faire Chevaliers, lorsqu'en pleine cérémonie,
des lièvres surgissent entre les deux armées semant la pagaille
et l'affolement des chevaux de la cavalerie. Dans la confusion, on croit
à une attaque surprise, des soldats se replient. Face à
la tournure insolite de cette situation et de l'effet de surprise qu'il
créa, Edouard III reprend la route en direction de Bruxelles et
repasse la frontière. Le Roi de France satisfait de voir ses ennemis
boutés hors du royaume décidera de ne pas poursuivre l'expédition,
donnera congé à ses armées.
De cet épisode cocasse, les Chevaliers consacrées lors de
cette bataille qui n'eu pas lieu, se verront surnommer " chevaliers
du lièvre ". Peut-être pouvons-nous interpréter
aujourd'hui les origines du lieu dit " la Cence au Lièvre
" située à la Flamengrie.
Cette histoire racontée par Jean Froissart, historien de la fin
du moyen âge fait partie de la légende. Froissart n'ayant
pas été témoin direct de cette bataille en a très
certainement enjolivé le récit pour le rendre populaire,
à la manière des trouvères de l'époque. Une
chose est certaine. Divers écrits attestent de la rencontre des
deux armées. La raison de cette bataille avortée tient certainement
au fait que l'armée française était bien supérieure
en nombre et que face à une inévitable défaite, Edouard
III se serait replié sagement.
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